L’erreur que j’ai longtemps commise : croire que la tenue de la mousse dépendait de la fermeté de la crème montée. C’est totalement faux. Plus vous montez la crème, plus elle prend un goût de beurre — or on a déjà le beurre de cacao du chocolat, inutile de sentir une seconde matière grasse. Visez une crème montée très souple.
Incorporez la crème montée vers 35 °C, jamais au-delà de 38-40 °C. Les 500 g de crème montée froide font chuter la température de l’ensemble : si vous partez trop bas, le beurre de cacao commence à figer et la mousse durcit avant que vous ayez eu le temps de la couler. Trop chaud, la crème montée fond et redevient liquide.
Préparez vos moules et récipients AVANT de faire la mousse. Dès qu’elle est terminée, on coule. Et surtout : ne fouettez jamais une mousse terminée, elle se serre très vite.
Une mousse relativement liquide au coulage, c’est exactement ce qu’on veut. Elle épouse les moules, même en silicone biscornu, et minimise les bulles d’air. La texture finale ne dépend pas du tout de sa liquidité avant congélation.
Le chocolat fait tout. Sans gélatine, c’est uniquement le beurre de cacao qui assure la tenue : chocolat de couverture obligatoire, pas de chocolat à pâtisser de supermarché.
Le mélange se fait en plusieurs fois : la première incorporation peut être un peu imparfaite, la température s’homogénéise ensuite.
« Lisser au fouet » ne veut pas dire fouetter : il s’agit de mélanger doucement pour casser les derniers grumeaux de crème montée mal incorporés. Fouetter serrerait la mousse, c’est exactement ce qu’on ne veut pas.
Envie de parfumer ? Fève tonka, cannelle… à infuser dans le lait de la crème anglaise.
Mousse au Chocolat sur Base de Crème Anglaise (Sans Gélatine)
4.86 sur 35 évaluations
Une mousse au chocolat sur base de crème anglaise, sans gélatine : c’est le beurre de cacao du chocolat de couverture qui assure toute la tenue.Incorporée vers 35 °C, elle reste assez souple pour épouser un cercle à entremets ou un moule à bûche en silicone, sans emprisonner de bulles d’air.Elle ne rend pas d’eau, se tient plusieurs heures et supporte parfaitement la congélation : la texture après décongélation est rigoureusement identique. Quantité calibrée pour un cercle de 20 cm sur 4,5 cm de haut, soit 8 parts.
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Avant de commencer : la mise en place
Mettre la crème liquide et la cuve du robot au réfrigérateur. La crème doit être bien froide pour monter correctement.
Préparer dès maintenant les moules, cercles ou verrines qui vont accueillir la mousse. Une fois la mousse terminée, il faudra la couler immédiatement : pas le temps de chercher son matériel.
Peser et rassembler tous les ingrédients.
Étape 1 : la crème anglaise
Mettre le lait à tiédir dans une casserole.
Dans un cul de poule, blanchir au fouet les jaunes d’œufs et le sucre.
Verser un peu de lait tiède sur les jaunes blanchis, mélanger au fouet, puis reverser le tout dans la casserole.
À l’aide de la spatule souple, mélanger constamment à feu doux-moyen en faisant des 8, en passant partout sur le fond de la casserole.
Cuire à la nappe, jusqu’à 82-84 °C. La crème est cuite lorsqu’elle nappe la spatule et qu’un trait tracé au doigt reste net. Ne jamais laisser bouillir : les jaunes coaguleraient.
Étape 2 : l’émulsion chocolat
Chinoiser la crème anglaise cuite directement sur le chocolat. Le passage au tamis retire les éventuels grains de jaune trop cuit.
Laisser la crème faire fondre le chocolat deux minutes, sans remuer.
À l’aide d’une spatule souple, mélanger depuis le centre en tournant rapidement pour créer l’émulsion entre la crème et le chocolat.
Vous devez obtenir une « ganache » lisse et brillante. Si elle est granuleuse, c’est le moment de la rattraper au mixeur plongeant — après l’ajout de la crème montée, ce sera trop tard.
Réserver à température ambiante et laisser redescendre à environ 35 °C (38-40 °C maximum). C’est la fenêtre à respecter : plus bas, le beurre de cacao commence à figer et la mousse durcira avant d’être coulée ; plus haut, la crème montée fondra.
Étape 3 : la crème montée
Récupérer la cuve froide contenant la crème. Monter au fouet à vitesse moyenne jusqu’à une consistance à peine plus compacte que de la mousse à raser. La crème doit se tenir, surtout pas être ferme.
Réunir la ganache à 35 °C et la crème montée.
Étape 4 : le mélange et le coulage
Au fouet, mélanger énergétiquement 1/3 de la crème montée avec la ganache. Cette première incorporation peut paraître imparfaite : c’est normal, la température s’homogénéise ensuite.
À la spatule souple, incorporer délicatement le reste de la crème montée en deux fois, en soulevant la préparation et en la faisant retomber sur elle-même.
S’il reste des grumeaux de crème montée, lisser avec quelques mouvements de fouet très doux — il s’agit de casser les grumeaux, pas de fouetter. Fouetter serrerait la mousse.
Couler immédiatement dans les moules ou verrines préparés. La mousse est encore assez liquide : c’est voulu. Elle épousera parfaitement les parois, même sur un moule silicone détaillé, en limitant les bulles d’air.
Laisser prendre au froid. En verrine : 1 à 2 heures. Pour un entremets à congeler : à -18 °C, comptez 4 à 6 heures selon le volume, une nuit c’est parfait. La texture après décongélation est rigoureusement identique.